Port autonome de Dakar : Les mareyeurs parmi les plus impactés par la Covid-19

La pandémie de Covid-19 a tout bouleversé au niveau social, sanitaire et économique au Port autonome de Dakar (Pad). Les mareyeurs qui écoulent difficilement leurs produits font parties des plus impactés.

Depuis l’apparition de l’épidémie de la Covid-19 au Sénégal, le 02 mars dernier, les mareyeurs ne savent plus sur quel saint se vouer. Ils sont confrontés à d’énormes problèmes. Sur le plan social et sanitaire, un air de méfiance  règne entre eux. Personne n’a confiance à personne, car ne connaissant pas qui a la maladie et qui ne l’a pas. « Nous avons énormément de problèmes dans ce port depuis le début de la pandémie. Chacun se méfie de son prochain, parce qu’on ne sait pas qui a la maladie », a-t-il déclaré. Sur le plan économique, bien que le poisson parvient à quitter le pays à travers les frontières terrestres pour rallier les pays limitrophes, la tourmente se fait sentir dans ce secteur de la pêche, où les mareyeurs éprouvent d’énormes difficultés dans l’exportation de leurs produits surtout le respect des commandes en Europe, en Asie, et le reste du monde avec les vols qui sont aux arrêts, du fait de la fermeture de nos frontières aériennes. Ce qui corse davantage la descente aux enfers des mareyeurs. Au niveau national, ce sont ces mêmes problèmes qui se reproduisent avec les usines transformatrices et les conserveries de poissons. « Nous subissons d’énormes pertes. Même pour écouler nos maigres commandes, il faut profiter le matin et faire la  livraison entre 14 heures ou 17 heures pour qu’il n’y ait pas de retour. Sinon voilà les dégâts », a révélé Ibrahima Touré, mareyeur au Port de Dakar. Dans le cas contraire, avance-t-il, « tu es obligé de les congeler jusqu’au lendemain et cela ne devient plus de la pêche du jour, parce que le produit passe une nuit dans la glace. Ce qui casse le prix de vente. « Cette situation va impacter non seulement sur la qualité du poisson, mais sur le prix de vente du produit halieutique. Car la production  risque encore d’être triée une seconde fois. Et augmente davantage les pertes », déplore M. Touré.

Jongler avec les moyens du bord

Pour se prévenir de cette situation, les mareyeurs sont obligés de jongler avec les moyens di bord pour s’en sortir. Du fait que le marché du poisson est un marché très complexe. On ne peut rien évaluer. Tout le travail dépend indispensablement des débarquements des pirogues ou des bateaux. « Tu peux rester 15 jours sans avoir aucun rond et le lendemain tu te retrouves avec 03 à 05 millions F CFA. Et le surlendemain, ou une semaine après, tu peux gagner encore  1 à 2 million F CFA. Ainsi va la vie au niveau du port », a rétorqué Mor Séne, un autre mareyeur très dépassé par les événements dans ce port, l’un des plus prisés en Afrique de l’Ouest.

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