Ibrahima Yade, Président du Congad : « On ne connaît pas d’argent sale dans la plupart des ONG sénégalaises »

L’Usaid effectue depuis plusieurs années une collecte d’informations sur la viabilité des Ong dans 69 pays. Au Sénégal, c’est le Conseil des organisations non gouvernementales d’appui au Développement (CONGAD), en collaboration avec Usaid/FHI 360, qui organise l’exercice annuel d’évaluation, à travers un panel de personnes ressources issues de la société civile, pour déterminer l’indice de Pérennisation des  organisations de la société civile (OSC) au Sénégal. Au cours des échanges avec la presse pour partager les conclusions du « Rapport sur l’indice de pérennisation des organisations de la société civile (OSC) au Sénégal-2019 », M. Ibrahima Yade, Président du Congad a souligné que  dans les ONG sénégalaises, il n’y a pas d’argent sale.

« Quand on parle de viabilité financière, c’est surtout l’origine des ressources, comment elles sont secure ou pas ? Sur l’origine des ressources, comprenez que les ONG, sont les organes les plus audités, les plus contrôlés. Donc, on ne connaît pas d’argent sale dans la plupart des ONG sénégalaises, il n’y a pas. Le fait, on aimerait bien qu’il ait des dispositions qui facilitent l’accès aux ONG, aux ressources locales et internes ici au Sénégal. Peut-être qu’on va y arriver, on est en train de mener un exercice qui est d’étudier le financement des organisations de la société civile. Comment sécuriser ça. Comment développer ça ? Comment faire de sorte que cela ne soit plus un souci permanent pour les organisations de la société civile », a souligné M. Ibrahima Yade, Président du Congad.

D’après M. Yade  le cadre juridique, c’est là où le point a été le plus faible.

Quant à M. Kader Ndiaye, il a tenu à préciser : « La viabilité financière, c’est l’origine des resoources.La difficulté d’accès aux ressources, difficulté d’accès au financement des organisations de la société civile. Il est difficile de voir une organisation de la société civile d’accéder au financement. Les Ong ont des difficultés d’accéder au financement public. Il y a des choses qui peuvent venir de l’Etat, les entreprises, c’est toujours sous forme de mécenat.Nous avons la possibilité de collaborer avec l’Etat dans des programmes publics ».

D’après M. Ibrahima Kane Directeur Exécutif Congad,  s’il y a une corporation  qui est bien contrôlé par l’Etat, c’est la corporation des ONG. Il estime  que  pour être ONG, il y a tout un dispositif, ce n’est pas comme pour devenir une SARL.

« En 48 heures, on peut devenir une SARL. Une ONG, il y a tout un processus et à chaque fois, il y a une commission qui siège pour délivrer un agrément avec l’approbation des pouvoirs publics. Cette commission est composée des sectoriels mais aussi de la société civile, représentée par des Ong internationales, le Congad », a laissé entendre M. Kane qui poursuit : « Avant de pouvoir développer les activités sur le terrain, on présente un programme d’investissement, un programme que va évaluer aussi cette commission  pour voir si c’est viable, l’origine des fonds avant de signer cette convention qui lie l’ONG au gouvernement. Le gouvernement est représenté dans ce cadre par deux ministères : le ministère des finances et le ministre tutelle, le ministre de l’intérieur. Il y a tout un processus, toute une procédure administrative à suivre avant déjà de soumettre vos demandes de fonds aux bailleurs. Mais une fois, la demande est faite et acceptée à travers les appels d’offre, les appels à projet, les bailleurs de fonds, les bailleurs de fonds traditionnels. Il y a une évaluation faite par la direction de la monnaie et du crédit pour voire toujours l’origine des fonds à partir des mouvements des comptes bancaires. Pour vous dire que je ne connais pas une corporation aussi contrôler que les Ong ».

M. Kane souligne que les fonds leur proviennent des partenaires bailleurs de fonds, des partenaires multilatéraux naturellement l’Union européenne, l’Usaid, il y a aussi des fondations privées, en Europe, aux Etats-Unis.

C’est 7 dimensions à travers lesquelles l’Usaid veut s’appuyer pour évaluer la société civile à savoir : le contexte juridique ; la capacité organisationnelle ; la viabilité financière ; le plaidoyer ; prestation de services ; infrastructure sectorielle et l’image publique.

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