DEGRADATION DES SOLS EN AFRIQUE : 52% des terres utilisées pour l’agriculture touchées selon la Fao

L’Organisation des Nations-Unies Pour L’Alimentation et l’Agriculture (Fao)  estime que la Journée mondiale des sols se tient le 5 décembre de chaque année afin d’attirer l’attention sur l’importance des sols pour la vie de tout être sur terre. Elle révèle que 52% des terres utilisées pour l’agriculture  en Afrique  sont touchées par la dégradation.

« Il est estimé que 52% des terres utilisées pour l’agriculture sont modérément ou sévèrement affectées par la dégradation des sols et 10% gravement dégradées. La dégradation des terres affecte 1,5 milliard de personnes dans le monde. La dégradation totale des terres affecte quelque 1,9 milliard d’hectares de terres dans le monde et 24 milliards de tonnes de sols fertiles disparaissent chaque année. La variabilité climatique avec des extrêmes de précipitation et de sécheresse ont aussi une incidence néfaste sur la santé et la qualité des sols », précise le communiqué de la Fao.

D’après la Fao, dans les pays concernés, les trois quarts des pâturages et la moitié des surfaces cultivées sont ainsi menacés, provoquant inévitablement la détérioration des conditions de vie des populations et l’augmentation de la pauvreté.

Et le document de rajouter : « La dégradation des sols est aussi accentuée par les pratiques culturales inadaptées, la déforestation à la recherche de nouvelles terres à emblaver et la recherche du bois à usages domestiques. Ceci constitue un cercle vicieux qui demande à être brisé pour pouvoir relancer une agriculture rentable et soucieuse de l’environnement ».

La source révèle que des études ont montré que le coût global de la réhabilitation des sols dégradés est de loin supérieur au coût de la gestion rationnelle des sols, avec des politiques bien pensées et des programmes et stratégies d’appoint.

Augmentation de la contribution à la gestion durable des terres de 10 à 15 %

« Une étude réalisée en 2006 a montré que la contribution financière à la diminution de la dégradation serait ainsi inférieure aux coûts de la dégradation. Elle suggère que des mesures d’augmentation de la contribution à la gestion durable des terres de 10 à 15 % pendant 10 ans, dégageraient 10 à 12 milliards de dollars par an, ce qui serait suffisant pour renverser le processus de dégradation des terres et procurer des revenus aux plus pauvres », explique-t-on dans le communiqué.

D’après le communiqué, plus de 95 % de la nourriture que nous mangeons est produit sur le sol. D’où l’importance de garder les sols en bonne santé et de préconiser leur gestion rationnelle et durable.

Toujours d’après la source, selon une évaluation mondiale exhaustive de la dégradation et de la restauration des sols publiée par l’Ipbes (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services), les sols sont actuellement dans un état critique, engendrant de graves conséquences pour la biodiversité, le changement climatique et la stabilité de nos sociétés.

La Fao souligne que la dégradation des sols et la perte de biodiversité, constituent des défis majeurs pour les régions arides d’Afrique, en particulier l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.

« Plus de 70% des habitants des terres arides tirent leurs moyens d’existence des ressources naturelles. Actuellement, 40% des sols africains sont dégradés par l’érosion, la salinisation, le compactage, l’acidification, la pollution chimique et l’épuisement des macros et micro nutriments, y compris la baisse de la matière organique et de l’activité biologique du sol.

L’Afrique est le continent le plus exposé, avec environ 45% du continent qui est touché par la désertification, dont 55% court un risque entre élevé et très élevé de dégradation supplémentaire », renseigne le document susmentionné.

D’après la Fao, les zones arides sont particulièrement touchées par la dégradation des terres qui se manifeste par la désertification, avec un stress hydrique accentué par le changement climatique. Et la dégradation se manifeste aussi par la perte accrue de la fertilité qui menace la sécurité alimentaire et nutritionnelle et les moyens d’existence des populations agro-pastorales de la région.

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